Marie Lincourt - Florence Hugodot

Marie Lincourt - Ecrivain

Marie Lincourt, alias Florence Hugodot, née Florence Quétand à Paris, est une écrivaine et journaliste française.

Auteure de dix romans (1974-2012), Marie Lincourt a été publiée tous les 3 ans et vendue à plus de 300 000 exemplaires à ce jour. Elle vient de sortir son dernier roman Surtout ne viens pas !, paru aux Editions du Panthéon et en version numérique chez Amudo eBooks (avril 2012).

Son précédent roman La Petite Fille dans le Placard, paru en 2007, s’est vendu a plus de 130 000 exemplaires, toutes collections confondues, et a été élu livre de l’année chez France Loisirs.

Mariée et mère de huit enfants, Marie Lincourt fait des études de psychologie avant de se lancer dans la littérature. Elle sort son premier roman à 24 ans, fait du mannequinat et devient parallèlement journaliste tant dans l’évènementiel, la politique, la médecine que le tourisme.

Marie Lincourt va vivre tour à tour en Nouvelle-Calédonie, aux Antilles et au Sénégal.

Son métier de journaliste et photographe touristique pour des magazines spécialisés et généraux comme Le Quotidien du Tourisme, Match, Télé7Jours, Femme actuelle, Version Femina… la font également voyager à travers le monde, sur tous les continents (Laponie, Calédonie, Birmanie, Pérou…).

Elle vit aujourd’hui à Paris.

Marie Lincourt a reçu, en 1980, la Médaille d’Argent et, en 1989, la Médaille d’Or de la Famille française. Elle est membre de la Société des gens de lettres et du Woman Ray Club.

Surtout Ne Viens Pas !

« Ma passion pour toi demeure intacte, mais j’ai besoin de tout mon temps et de toute ma liberté pour mener à bien une mission aussi difficile que périlleuse.

Surtout ne viens pas, mon amour, ne cherche pas à me rejoindre, autant pour toi et tes enfants, que pour moi. »

Ce roman, qui débute en 1917, retrace la vie de deux êtres que le destin va rapprocher. En 1940, Irène, jeune mère juive de deux enfants, reçoit cette lettre de son amant. Pourquoi Pierre, follement épris d’Irène, lui enjoint-il de ne pas le retrouver ?

Dans la confusion et l’incompréhension, elle est bien décidée à traverser toute la France pour rejoindre l’homme qu’elle aime éperdument.

Seront-ils assez forts pour survivre dans un monde où leur passion, tout comme la folie des hommes, peut les conduire à leur perte ?

Après La petite fille dans le placard, succès vendu à 130 000 exemplaires, Marie Lincourt analyse ici, avec acuité, les relations humaines dont les vicissitudes transforment trop souvent la vie en combat.

Avec Surtout Ne Viens Pas !, Marie Lincourt, écrivain et journaliste, signe son dixième livre.

Auteur de trois essais et de sept romans, ses oeuvres, où le destin individuel tient la première place, sont empreintes de sensibilité et d’émotion.

Extrait : Surtout Ne Viens Pas !

Dès son arrivée à Paris Jim se hâta d’aller retrouver Pierre, l’après-midi même, au bois de Boulogne, selon un rendez-vous convenu, pour parler de la stratégie qu’il avait mise en place à Londres. Il n’avait que très peu de temps devant lui.

«Le réseau de Résistance que j’ai créé a beaucoup grossi. Il devient très important. Nous avons désormais des ramifications un peu partout en France et en Angleterre», dit il sans préambule avant d’expliquer à Pierre la part qu’il

devait prendre au projet. Mais il fut un moment où le sujet dévia sur Irène.

«Comment ça va avec elle ? Pas de problèmes? Elle n’est pas facile tous les jours…» soupira-t-il en lissant sa petite moustache noire.

Ils déambulaient dans le bois, croisant parfois un Allemand à cheval, regardant barboter les canards.

Pierre hésita, s’arrêta, et planta son regard dans celui de son ami.

«Écoute, je vais être tout à fait franc avec toi. Ta femme me plaît, trop même, et si tu continues à me demander de m’en occuper, je ne réponds plus de rien…»

Il se surprit à rougir tel un petit garçon. Jim le regarda longuement, incrédule, et soudain éclata de rire en lui assénant une vigoureuse claque dans le dos.

«T’inquiète pas, vieux ! Fais comme tu veux. Ça va pas très bien entre nous, tu sais, et je ne suis pas parti que pour la Résistance… et puis pour être tout à fait franc, je ne suis pas tout seul à Londres non plus.

Elle s’appelle Rose, elle est belle, intelligente, et pas chieuse pour un sous. Bref je suis amoureux, alors tu comprends… c’est presqu’un autre service que tu me rendrais.»

Pierre prit le temps de digérer l’information.

«Alors vraiment, tu ne m’en voudrais pas si…?»

Jim l’interrompit avec un clin d’œil :

«Mais non, puisque je te dis que c’est un service.»

Cette fois Pierre se détendit franchement.

Il s’arrêta et lui tendit la paume de la main :

«Tape-là, mon pote, et cochon qui s’en dédit.»

Jim tapa franchement. Pierre eut malgré tout une bizarre sensation. C’était un peu comme s’il venait d’acheter Irène…

Mais Pierre ne revit pas Irène aussi vite qu’il l’eut souhaité, car peu de temps après son entrevue avec Jim, le 15 novembre 1941 au matin, son ami Bullard vint frapper à sa porte :

«Pierre, vite, passe-moi ton vélo ! J’ai un rendez-vous important au Fouquet’s, je ne peux pas t’en dire plus pour le moment, mais viens me retrouver là-bas dans une heure.»

Pierre lui désigna le vélo dans l’arrière cour.

«Ok, vas-y, mais surtout fais gaffe, les chleus se déchainent ces temps-ci.»

Bullard disparut et Pierre, inquiet, se mit à l’écoute de son poste de radio. Une demi-heure s’écoula, lorsqu’il entendit frapper trois légers coups secs à la porte. Une intuition sourde lui étreignit aussitôt le cœur.

Il entrouvrit avec précautions pour se trouver face à un Léon, le barman du Fouquet’s, tout essoufflé :

«Vite, mon lieutenant, vite ! Bullard vient de se faire embarquer par la Gestapo ! Filez tout de suite, votre vélo est toujours devant le Fouquet’s et, avec sa plaque sur le guidon à votre nom, ils ne vont pas tarder à vous retrouver .»

Pierre attrapa sa sacoche et détala aussitôt. Il se mit à courir sans reprendre souffle, sans jamais regarder derrière lui.

Une église surgit soudain. Sans réfléchir il poussa vivement le lourd battant de bois et alla se cacher dans l’obscurité silencieuse d’un confessionnal. Si les Allemands venaient le chercher, le prêtre ne le trahirait pas.

Il y avait bien longtemps maintenant qu’il ne priait plus, mais une soudaine envie de se recueillir lui vint et il s’agenouilla, comme il l’avait toujours fait petit, enfouit son visage dans ses mains, trouva les mots qui lui venaient du cœur. Pourtant, lorsqu’il releva la tête, il fut brutalement choqué par l’abondance obscène de l’or et des pierreries qui ornaient les statues.

On était en guerre, les gens mourraient sous les bombes, et aussi de faim et de pauvreté . L’église avait de tout temps vécu sur le dos de ses fidèles, s’enrichissant grassement. C’était l’inverse de la parole du Christ qu’il voyait là. Et tout cet or qui rutilait était par trop indécent, alors que ce n’étaient dehors que privations et misère.

Il eut soudain une pensée saugrenue qui le fit sourire :
«Si Dieu n’existe pas, ça doit bien le faire marrer tout cet or qui rutile pour l’honorer.»
Mais Dieu existait peut-être, car lorsqu’il sortit de sa maison, les Allemands avaient disparus…

…Quelques temps plus tard, le ministre Le Hideux lui donna rendez-vous.

«Bien, Pierre. Je vous ai fait venir parce que, malgré ma position de ministre, ma demande à votre égard n’a pu aboutir… pour le moment du moins. Le poste de Vichy n’est pas encore libre. En attendant qu’il le soit, je peux vous faire passer en zone sud, comme chef de cabinet du préfet de Marseille.»
Pierre remercia et accepta d’emblée. Cela devenait chaud pour lui à Paris, il avait dû déménager pour plus de sécurité, et cette opportunité lui permettrait d’aider le réseau de Jim de manière plus efficace.

Avant de partir, il fit porter un mot à Irène où il lui expliquait de manière laconique qu’il devait provisoirement quitter Paris. Pierre se mit au travail dès son arrivée et partagea dès lors son temps entre ses obligations à la Préfecture et son engagement toujours plus avant dans la Résistance. Grâce à son poste, il réussit à détourner un stock de 30 tonnes de cuivre destiné aux Allemands, à empêcher les départs pour le service obligatoire, et à fournir des faux papiers aux juifs.

Pour ce faire il avait abordé avec précaution ses collaborateurs afin de savoir qui serait prêt à se lancer dans ces activités dangereuses.

Un jeune homme, dont le père était mort en 1918 sous les balles allemandes, travaillait dans le bureau du chef de la réglementation. Claude avait un compte à régler avec les schleus.

Pierre vint le trouver :

«Pouvez-vous m’aider pour les faux papiers des juifs ?»

Claude répondit aussitôt par l’affirmative et se mit en devoir d’organiser une comptabilité occulte des documents d’identité.

Les juifs ! La vision de Pierre à leur sujet avait bien changé depuis qu’il avait rencontré Irène.

La jeune femme hantait souvent ses rêves. Elle n’avait pas le visage caricatural qu’on prêtait aux youpins, n’avait pas d’accent particulier, n’était pas avare de son argent et ne se promenait pas avec une vitrine de bijoux sur son décolleté.

Elle était comme les autres, comme lui, il fallait la protéger et s’il la protégeait, elle, la juive, ne fallait-il pas aussi protéger sa famille et pour finir tous ceux de sa race ?

Une fois encore il ne savait plus quel chemin prendre. Mais ce qu’il savait, c’est qu’il retournerait la voir dès qu’il le pourrait.

…Alors il fut là, ponctuel, soigné, le bouquet à la main et le sourire engageant.

Il l’avait contacté pour lui dire qu’il venait passer quelques jours à Paris – il avait un ordre de mission, mais ne pouvait lui dire ce que c’était – et qu’il serait, pendant ce cours laps de temps, heureux, vraiment heureux de la revoir, et que si elle le voulait bien…

Elle n’avait pas hésité un instant. Combien de fois depuis son départ précipité n’avait-elle pensé à lui ? Combien de fois n’avait-elle repassé dans sa tête, comme un film en boucle, leurs promenades, ses sourires plein de charme et ses

yeux dont l’éclat violent la troublait ? Sans jamais avoir osé se l’avouer il lui avait manqué, plus qu’elle n’aurait voulu, et aujourd’hui à nouveau il était là, devant elle, tout apprêté.

Elle se sentit soudain pleine de tendresse pour lui. Il était comme un enfant qui a cueilli des fleurs pour sa maman et qui s’apprête à lui sauter au cou.

D’un geste elle le fit entrer et se pencha pour l’embrasser. Sa joue était douce, rasée de près et sentait bon l’eau de Cologne Garnier. Le parfum s’échappa de la peau de Pierre, envahi les narines d’Irène,

pénétra dans chacune de ses cellules, se coula dans ses veines. Le vertige la prit, elle ferma les yeux et, chancelante, se raccrocha à son bras.
Il s’inquiéta aussitôt :

«Ça ne va pas ?»

«Ce n’est rien. Juste un léger malaise.»

Il la soutint et l’aida à s’allonger sur le canapé du salon. Elle se laissa faire, docile, déjà soumise à l’homme qu’elle venait de retrouver et qu’elle soupçonnait intuitivement, un peu comme un animal, de pouvoir prendre en main désormais son destin.

La tête appuyée sur un coussin elle garda les yeux clos un moment, pour le simple plaisir de sentir sa main lui caresser la joue, sentir son souffle tiède sur son front trop brûlant, sentir cette présence si forte, si pleine d’énergie, se répandre sur elle comme une source bienfaisante.

Puis, tout doucement, comme un chat qui s’éveille après un long sommeil, elle entrouvrit les paupières. À demi tout d’abord, pour ne pas perdre déjà cette sensation si douce, cette onde de chaleur qui se répandait dans son ventre et plus bas encore.

«Ça y est, c’est passé ?»

Elle attendit encore, concentrée sur son rêve et sur son désir. Puis d’une toute petite voix elle s’entendit répondre:

«Oui, c’est passé, je suis désolée.»
Il s’attendrit, se baissa encore davantage pour lui déposer un léger baiser sur le front. Elle attrapa sa main au passage, la serra nerveusement dans la sienne. La tension était palpable. Des ondes de chaleur parcoururent le corps de Pierre. Il prit conscience du martellement de son cœur dans sa poitrine, du sang qui bourdonnait à ses tempes.

Il fut incapable de retirer sa main, plongea ses yeux dans ceux d’Irène, crut y lire une demande pressante. Son visage descendit vers elle, doucement d’abord, puis sa bouche prit la sienne avec une sorte de violence désespérée, leurs langues et leurs salives se mêlèrent. Ils y trouvèrent le même goût d’un désir jusque-là refoulé, réprimé au nom d’une morale judéo-chrétienne, d’un «c’est pas bien» puisqu’elle était mariée.

Mais mariée à qui ? A un fantôme, à un être invisible qui n’était jamais là pour la protéger, qui courrait les femmes et les aventures, qui l’avait délaissée, puis délibérément laissée à un autre ? Sans doute pour se débarrasser d’elle ? Elle trouva aussitôt dans cette pensée une excuse à sa tromperie, une justification à son comportement.

Pierre se redressa, le visage rouge de plaisir et de gêné à la fois.

Malgré tout ce que lui avait dit et permis Jim, il ressentait son acte comme une trahison qui serait pour lui comme un lent poison.

Sa morale personnelle et son sens de l’amitié ne s’accommoderaient pas si facilement de ses désirs. Mais il savait déjà à cet instant précis que ces derniers l’emporteraient.

En cours d’écriture

Marie Lincourt travaille dès à présent sur le second épisode de Surtout Ne Viens Pas!

Ses héros vont vivre en Nouvelle Calédonie au prix de multiples sacrifices et de nombreuses épreuves mais qui les feront grandir et progresser.

Irène découvrira sa voie qui lui permettra enfin de trouver sa vraie dimension.

Un livre plein d’aventures et de rebondissements à découvrir bientôt !

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Le 12ème Salon du livre des Pieux le 9 et 10 mars 2013.

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